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3 avril 2019
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L’ORTIE : ZOOM SUR UNE ESPECE CONNUE ET TRES UTILISEE

La grande ortie, de son nom latin Urtica dioica, est très connue, peut être même l’une des plus connues de nos climats tempérés. Surement parce qu’elle est cosmopolite, elle pousse partout même entre les cailloux de nos cours et l’herbe ombragé de nos pelouses, mais aussi parce qu’elle est urticante.
En réalité elle fait partie de 5 espèces majeures de plantes urticantes de France de la famille des Urticacées.
N’hésitez pas à laisser des commentaires en bas de page !

Une plante urticante ! Pourquoi et comment ?

Pour ce qui est de l’aspect ‘urticant’, l’ortie possède sur ses feuilles et sa tige, de multiples « poils ». En y regardant de plus près ces « poils » ressemblent en réalité à des ampoules de médicaments que l’on appelle ‘cystolithes’ comme on peut le voir ci-dessous sur cette photo en macro. La partie pointue est composée de silice aussi fragile que le verre, le simple fait de l’effleurer suffit pour les casser en biseau et venir s’implanter dans la peau en libérant le liquide stocké à la base.

Les cystolithes couramment appelées « poils » urticants. La partie pointue est en silice, la base contient tout l’arsenal chimique fabriqué par la plante pour se défendre ! Photo Benjamin.

L’arsenal chimique contenu dans ses poils urticants est très complet et justifie la réaction que l’on a tous lorsque l’on se fait « piquer » :

  • l’histamine, à l’origine des rougeurs et démangeaisons. Le corps humain en fabrique naturellement à faible dose pour nos défenses immunitaires et la digestion, mais déversée en quantité assez importante elle provoque ces démangeaisons. Elle accélère et influence la circulation du sang ce qui explique le phénomène de rougeurs et de boutons en cas de ‘piqûre’. Elle est d’ailleurs utilisée en médecine pour agir sur les vaisseaux sanguins.
  • l’acide formique : c’est ce que les fourmis utilisent pour paralyser et tuer leurs proies ou que l’on trouve dans le dard des abeilles ! Heureusement que l’ortie en fabrique en faible quantité car une surdose d’acide formique est à coup sûr mortelle et très douloureuse !
  • la sérotonine : là aussi le corps humain en fabrique notamment le cerveau et tout comme l’histamine, à plus haute dose, elle provoque une inflammation.
  • l’acéthylcholine : très étudiée en biologie car la plupart des êtres vivants en fabriquent. Il s’agit d’une puissante molécule qui à forte dose provoque un choc allergique.

Ceci est bien entendu une stratégie de défense contre les herbivores qui savent qui ne faut pas s’y frotter ! Cela est tellement efficace que d’autres espèces de plantes qui n’ont aucun rapport avec l’ortie mais dont les feuilles y ressemblent à s’y méprendre sont également délaissées par les herbivores. Même chez les Hommes, on s’y trompe en les appelant à tort orties blanches, jaunes ou mauve ! Même pas la peine pour elles d’être urticantes pour évincer le risque d’être mangées ! Au passage sachez que le terme plus adapté à ces fausses orties est « lamier ».

Les lamiers ressemblants aux orties mais qui ne sont pas urticantes ni même de la même famille (Lamiacée). De gauche à droite : lamier jaune, lamier blanc, lamier pourpre. Photos Benjamin.

Des usages aussi variés qu’utiles !

Le fait que cette espèce soit aussi répandue et ayant la capacité de pousser dans des milieux semblant défavorables en dit long sur ses vertus !

Tout d’abord elle serait plus efficace pour Popeye que ses bons vieux épinards car l’ortie est très (très) riche en fer mais aussi en vitamines A, B et C. C’est ainsi qu’en soupe, elle se montre très énergisante. Mais qu’en est-il du liquide urticant ?! Et bien avec la chaleur, les composés sont neutralisés et n’ont plus aucun effet ! Un argument en moins pour éviter d’en manger en soupe ! De nombreuses recettes existent sur le net à ce sujet. N’hésitez pas à donner quelques astuces en commentaires !

Du point de vue médical, différentes vertus lui sont reconnues : elle est antidiurétique, anti-inflammatoire (un comble pour une plante urticante !) et soulage l’arthrite ou les rhumatismes. Elle permet aussi de luter contre les petites infections locales notamment buccales (aphtes …) et favorise même la stimulation du lait maternel pour les femmes enceintes !

L’Histoire montre aussi qu’elle fut utilisée dès l’Antiquité ou au Moyen-Âge comme fibre pour fabriquer des cordages et même le textile ! Elle fut remplacée par la suite par le chanvre et le coton mais étant des cultures dont les besoins en eau sont très importants, l’utilisation de l’ortie se démocratise à nouveau au XXIème siècle.

Au jardin bien sur, ce qui explique la place de cet article ici, elle est très utile car sa richesse en azote en fait un atout majeur qu’il ne faut pas abuser sous peine d’en faire une ennemie ! C’est ainsi que le purin d’ortie est très réputée pour donner un bon coup de fouet aux plantes comme les tomates. Elle stimule les défenses immunitaires des végétaux ce qui les aide à combattre certaines maladies préventivement comme le mildiou.  

Une plante participant à la richesse de la biodiversité !

Tous les êtres vivants établissent des relations entre eux. Ces relations sont parfois tellement profondes que certaines espèces ne peuvent vivre que au dépend d’une autre. Les exemples sont très nombreux mais il n’est pas courant de citer l’ortie comme une plante chaleureuse et accueillante ! Pas moins de 30 espèces de papillons pondent leurs œufs sur les feuilles des orties et les larves se nourrissent des feuilles. Ce n’est pas un hasard car le papillon est le principal pollinisateur de l’ortie ! Les fleurs (et oui une ortie ça fleurie et abondamment !) sont monosexuées, chaque plant possède des fleurs uniquement mâles ou uniquement femelles ! En offrant le gîtes et le couvert, l’ortie assure donc la pollinisation de ses fleurs !

Fleurs mâles d’ortie.

Fleur femelle non fécondée à gauche et fécondée à droite. 

Fruit de l’ortie, un « akène », autant qu’il y a de fleurs femelles, des centaines donc !

Parmi les espèces les plus connues de papillons nécessitant la présence d’orties pour leur reproduction on peut citer (vous les avez certainement déjà rencontrées) :

Belle Dame

Paon du jour

 

Vulcain

Il faut tout de même noter que la reproduction avec les fleurs lui sert principalement à coloniser de nouveaux milieux car une fois sur place, ses stolons et rhizomes se développent très rapidement ce qui lui permet d’envahir ces derniers !

Stolon avec de nombreux rejets.

Les différentes espèces du genre urtica !

Ortie à pilules (Urtica pilulifera). Les fleurs femelles sont rassemblées en boules appelées ‘glomérules’. On la trouve dans le sud bien que quelques spécimens sont à noter dans le nord de la France ces dernières années. Source : Wikipédia.

Ortie à membranes ou douteuse (Urtica membranacea). On la trouve en Méditerranée et au Finistère. Source : Wikipédia.

Ortie brûlante (Urtica urens) . Plus petite que la grande ortie et annuelle. Elle parait avoir avoir plus de poils urticants d’où l’adjectif ‘brûlante’. Source : flickr.

Ortie de Dodart (Urtica atrovirens). Elle est appelée Ortie de Dodart en hommage à Denis Dodart, fameux botaniste de l’Académie des sciences sous Louis XIV. Les feuilles sont très originales, on ne la trouve que dans les îles de méditerranée dont la Corse. Source : http://gardenbreizh.org

Et pour terminer, une dernière espèce que l’on trouve partout en France, de la famille des Urticacées : la pariétaire officinale. Elle a des poils non urticants mais son pollen est l’un des plus allergènes !

Pariétaire officinale (Parietaria officinalis).

Benjamin.

Crédits photos : Photos personnelles, Wikipédia, Pixbay (libre de droit), flickr, tgardenbreizh.org
Sources diverses : Futura-sciences

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