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MILDIOU ET FONTE DES SEMIS : LES MALADIES LES PLUS RAVAGEUSES

Fonte des semis / Mildiou

Tout jardinier amateur ou confirmé qui a fait pousser des tomates a certainement été confronté à ces deux maladies cryptogamiques dues à des champignons ravageurs et tenaces : le mildiou et la fonte des semis.

Alors que le premier se manifeste sur des plantes adultes en général, parfois en fleur et avec des fruits, le deuxième concerne particulièrement les très jeunes plants qui n’ont que quelques feuilles ou un peu plus âgés.

Comment éviter de les attraper ?

La fonte des semis

En réalité la ‘fonte des semis’ désigne un ensemble de champignons aux genres très différents mais dont le mode d’action et les conséquences sont les mêmes : la nécrose de la base de la tige et la mort quasi assurée de la plantule ou jeune plante.

Il n’y a pas d’autres moyens de s’en débarrasser que d’éviter de l’attraper ! Heureusement, en connaissant son mode d’action et l’environnement propice à son développement cela reste assez simple, avec l’expérience et le savoir, de l’éviter.

Fonte des semis. Le plant paraît en bonne santé et soudainement il s’affaisse et meurt. La base de la tige nécrosée révèle la présence de la maladie.

Les conditions nécessaires au développement des champignons ou les favorisant :

  • Une température relativement douce autour de 10 à 25°C
  • Une humidité importante de la surface du substrat
  • Un milieu peu aéré et dense
  • Une plante stressée ou fragilisée

Pour cela quelques gestes très simples permettent de réduire considérablement les risques que nos plantules attrapent cette maladie :

  • Eviter de repiquer les plantules trop jeunes (moins de 4 vraies feuilles) ou de fragiliser leurs racines lors du rempotage. Un semis dans des alvéoles ou pots individuel est une bonne solution. Au contraire un semis trop dense fragilisera les racines lors du déterrage.
  • On peut utiliser du charbon de bois écrasé en poudre et en petite quantité au moment du semis ou du rempotage. Le charbon de bois est un principe actif agissant favorablement contre ces champignons.
  • Utiliser des outils, des pots et plaques propres nettoyées à l’alcool ou l’eau de javel en particulier en cas de précédente attaque.
  • Placer les plantules dans un milieu aéré au maximum surtout le jour, pour réduire l’humidité stagnante.
  • Arroser les plantes par le dessous modérément. C’est donc par capillarité que le substrat contenant les racines s’humidifiera sans inonder d’eau la surface où les champignons germent.
  • Bien que les points précédents soient souvent suffisants : Utiliser du purin d’ortie ou du bicarbonate de soude mais avec une dilution extrêmement importante pour ne pas brûler les plantules fragiles.

Le mildiou

En réalité il existe de multiples espèces de champignons à l’origine du mildiou et au sein d’elles, de multiples souches plus ou moins virulentes. L’espèce touchant principalement la tomate est Phytophthora infestans. C’est une fois de plus un champignon dont les spores sont capables de parcourir des dizaines de kilomètres avec le vent ou de rester dans le sol l’hiver. Parfois imperceptible, il est pourtant facile à diagnostiquer car il se manifeste souvent par l’apparition de tâches brunes huileuses sur les feuilles et d’un duvet blanc ou brun sur leur revers. Par la suite, le champignon continue sa croissance dans la feuille pour atteindre les tiges voire les fruits. Dans ce cas il est trop tard et aucun traitement curatif ne sera efficace. D’ailleurs il n’existe pas réellement de traitements curatifs.

Sachez aussi que certaines souches de mildiou sont assez virulentes et peuvent attaquer directement les tiges à l’origine de la maladie du ‘pied noir’. Les spores peuvent aussi germer aux niveau des blessures engendrées par la taille des gourmands et feuilles ou tout simplement par accident. La virulence est aussi marquée par la vitesse de propagation de la maladie. En moins de 24H des feuilles et des tiges peuvent être atteints.
Le traitement sera donc principalement préventif et n’est pas forcément lié à l’utilisation de produits même naturels.

Face inférieure d’une feuille atteinte à plusieurs endroits par la germination des spores du mildiou

Plant condamné par le mildiou ayant atteint les fruits et tiges

Maladie du pied noir s’étant propagé jusqu’au premier bouquet.

Les conditions nécessaires au développement des champignons ou les favorisant :

  • Une température relativement douce autour de 15 à 25°C
  • Un feuillage humide et/ou trempé
  • Une humidité importante et/ou stagnante
  • Un milieu peu aéré et densément planté
  • Une plante stressée, blessée ou fragilisée

Pour cela quelques gestes très simples permettent de réduire considérablement les risques :

  • Eviter de planter trop serré pour favoriser le déplacement d’air (70 cm idéalement au minimum).
  • Un abris à tomate (serre ou tunnel) contre la pluie MAIS bien aéré, idéalement ouvert sur chaque face ou des ouvertures pour faire circuler l’air au point de voir une belle brise.
  • Une taille des plantes (gourmands ou les feuilles) pour éviter une trop grande densité de feuillage et dans l’idéal effectuée en journée afin que la cicatrisation au soleil soit plus rapide.
  • Utiliser des outils et du matériel désinfectés à l’alcool ou l’eau de javel.
  • Avoir des plants sans carence et en bonne santé : engrais naturel, purin de consoude …
  • Avoir recours à des traitements préventifs naturels : Bicarbonate de soude à 5 ou 6 g/L maximum, purin de prêle (dilué à 10%) renforçant la paroi des cellules en pulvérisation foliaire ou en arrosant, purin d’ortie (sans excès car riche en azote !).
  • En cas d’attaque légère, le recours au purin ou décoction d’ail peut permettre de stopper la propagation de la maladie mais son effet n’est pas systématiquement efficace en fonction de la virulence de la maladie, son avancé et les conditions météo du moment.

Quelques symptômes qui ne sont pas forcément inquiétants

Maintenant que cet article vous a surement rendu parano, il faut tout de même signaler que les feuilles des tomates, notamment les plus âgées présentes souvent des symptômes pouvant être alarmants mais qui ne sont pas forcément liés au mildiou ou même à une maladie.

C’est ainsi souvent le cas de retrouver quelques feuilles jaunes, parfois des tâches brunes mais sèches ou même enroulées ! 

  • Le changement de couleur et l’apparition de tâches sèches peuvent signifier la présence d’autres maladies moins connues mais pouvant faire des ravages comme la fusariose (…). Mais bien souvent elles concernent les feuilles âgées, ne se propagent pas dans les tiges et cela est souvent lié à la vieillesse des feuilles qui les rendent plus fragiles. Inutile donc de s’affoler si aucune propagation n’est à noter dans le reste des organes de la plante ou avec une vitesse alarmante.

    Un jaunissement global des feuilles peut aussi signifier un manque de place ou de lumière pour les cultures en pots / balcon mais aussi, comme tout coloration anormale d’un feuillage, une carence bien souvent en azote si aucun apport en engrais a été apporté.

  • L’enroulement des feuilles est lié au stress hydrique. A cause d’une faible humidité de l’air, forte chaleur et transpiration de la plante, elle adopte cette stratégie qui diminue un peu l’efficacité de la photosynthèse mais protège les feuilles de la sécheresse.

Feuilles jaunies, assez vieilles surement lié à la chaleur et au soleil. Mieux vaut l’enlever tout de même.

Feuilles enroulées à cause de la chaleur. Inutile de s’affoler c’est une réaction normale bien que les tomates cordiformes ou allongées semblent plus concernées.

Benjamin.

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